Les 28 & 29/09/18 - Salar dUyuni - Potosi - 3 660 m


Nous avons décidé de traverser le salar du nord au sud avec une pause à la Isla Incahuasi où nos amis Colette et Jean-François nous rejoindrons pour une soirée et une nuit "saline". 
Nous sommes très attentifs depuis hier sur le passage d’entrée sur le salar. Il est plein d’eau ! Nous avons repéré par où se faufilaient les tours afin de ne pas commencer l’aventure par un bain forcé.
Ensuite, nous suivons la "route" indiquée par le gps et quelques traces gpx glanés sur internet. Todo recto…

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C’est assez oppressant de se trouver sur une telle immensité blanche sans repère ou si peu, car si nous apercevons au loin quelques "iles" ou terre, nous sommes sur une surface craquelée avec des traces dans tout les sens. Nous sommes seuls et scrutons les trous d’eau de peur d’y plonger une roue. Bien que nous sachions que la croute est conséquente, d’autres que nous s’y sont laissé prendre.
Ce n’est donc pas l’esprit serein bien que nous soyons très heureux d’y poser les roues que nous effectuons notre traversée. C’est super bien de qu’assez monotone et l’on imagine ce que ressente les conducteurs de caravane qui parcourent toutes les immensités du monde.
Nous sacrifierons aux traditionnelles photos "montages" sur le salar avec assez peu résultat.

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Nous atteignons le "phare" et nous posons au bout de l’ile, à l’opposé du parking. Encore une fois, l’eau présente aux bords de la terre ne nous inspire pas confiance car elle ramollie la couche de sel. Nous allons un peu explorer l’ile en hauteur au milieu des cactus. Île volcanique superbe, sanctuaire naturel de milliers de cactus géants (Trichocerus sp.), de corail solidifié et de viscachas.

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Nous laisserons nos amis, le lendemain pour continuer notre route. Nous sommes étonnés du grand nombre de véhicules de tourisme qui sont aux abords de l’ile le matin de très bonne heure. Quand à notre route, elle nous laisse seuls avec l’immensité. Toujours les yeux fixés sur la surface afin de détecter des anomalies et en gardant le cap.

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Nous sortons après avoir traversé une soupe marron en priant pour que cela soit assez solide jusqu’au bout. Nous sommes sur une grande digue assez étroite. Les pistes que nous prenons pour aller jusqu’à San Juan sont… terribles. Tôle ondulée et sable s’alternent, quelques villages plutôt désert et des champs de sable où le quinoa pousse. C’est en effet la région la plus productive de cette plante.
C’est assez rigolo de rouler sur le sable, doux et sans secousse, sauf quand on voit que la couche va nous avaler ! Nous naviguons à vue et déterminons les meilleurs passages. Pas d’ensablement, on est content.

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Nous arrivons à San Juan avec beaucoup de vent, on se met à l’abri et réfléchissons à la suite. Nous réalisons que si nous voulons vraiment bien faire le Sud Lipez, notre véhicule est trop lourd et cela sera très fatiguant . Nous ne pourrons pas profiter des paysages comme il se doit. Nous allons donc aller sur Uyuni et voir avec nos amis pour organiser le tour à partir de Tupiza.

Le 30/09/18 - Vers Uyuni - Potosi - 3 770 m

Nous savons que la route vers Uyuni est pourrie, beaucoup de tôle vague ondulée et de camions très "rapides". Nous prenons notre temps, et avons déjà envisager un bivouac sur le parcours.

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Nous traversons Jalaca, ville Far West sableuse. Une vieille usine et une vieille gare complète le décor.

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Nous pensons manger au village de Rio Grande. Nous passerons un loooong moment à chercher à pénétrer dans celui-ci à cause de travaux. Nous trouvons un boui boui dont le quinoa est excellent. Nous stopperons un peu plus loin dès que le bas côté nous permettra de s’éloigner de la route et que le sable ne sera pas trop mouvant. Nous piquons la place aux vigognes.

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Le 01/10/18 - Cimetière de train Uyuni - Potosi - 3 702 m

Bonne nuit dans le bush sans vent, par contre muy frio, nous avons -6° en nous levant… Nous repartons sur notre vilaine route, quoique Francis réussit à passer la 4° sur une portion roulante. Nous allons directement au cimetière de train. Trop sympa de faire des photos, il suffit de passer entre deux vagues de touristes.
Une ligne de train traversait le Salar en ligne droite pour transporter les minerais de Bolivie vers le Chili. Aujourd’hui il ne reste que ces vestiges seuls protagonistes d’une époque révolue.

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Nous nous amusons à faire des photos noir et blanc.

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Nous dormons sur place.

Les 02 & 03/10/18 - Uyuni - Potosi - 3 705 m

Nettoyage du véhicule, de gros pâtés de sel se sont agglutinés de partout. Nous allons ensuite au "camping" chez Emilio. Entre temps, nous nous sommes fait enfler en achetant nos bouteilles d’eau… Nous commençons à nous méfier de cette ville qui ne nous plait pas vraiment.

Nous sommes chaleureusement accueilli par Eleonor qui nous adopte directement comme amis…
Ce sera pose lessive, nettoyage et bricolage. En même temps nous retrouvons Colette et Jean-François qui sont allés faire un tour au Sud Lipez. Soirée sympathique.

Nous allons faire le marché qui est à environ 2 km. Vraiment très bien. Entre temps, je me suis mise en relation par mail avec Carlos de l’agence La Torre à Tupiza. Je lui indique les lieux que je veux voir, le trajet et le nombre de jour que nous souhaitons. Tarifs et trajet sont soumis à Nadine et Jean-Paul. Nous validons le projet et estimons démarrer à partir du 12. Entre temps, nous allons rejoindre nos amis sur Sucre.

Du 04 au 06/10/18 - Vers Sucre - Potosi - 3 929 m

Nous pensions remettre la cellule en place, mais nos "amis" ont tendance à entasser les voyageurs. C’est vite invivable.

Nous décidons de partir et après les divers pleins, nous payons ce que l’on doit… Sauf que notre "amie" Eleonor à une technique bien rodée pour ne pas te rendre la monnaie. Elle tiens les billets dans sa main et engage la conversation, la main se referme sur les billets tranquillement et elle s’en va après avoir papoté sans te les avoir donné… Nos étions méfiant car son mari avait fait un coup similaire à Jean-François… Bref, à part le marché, le reste à Uyuni nous file des boutons.

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Après avoir subit les rues défoncées d'Uyuni, nous avons une belle route asphaltée vers Potosi avec des paysages admirables. Nous trouvons un bivouac (3 858 m) sur une hauteur. Le temps est gris et pluvieux avec des épisodes de soleil. Des lamas nous tiennent compagnie.

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Le lendemain c’est plein beau pour la plus belle portion de la route. Un vrai plaisir.

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Le temps se gâte un peu, la pluie s’annonce, mais c’est toujours aussi beau. Nous trouvons un bivouac (3 929 m) au milieu de nul part.

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La journée nous a offert notre premier viscacha. Toujours aussi beau et peu de véhicule.

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Nous passons la ville de Potosi.

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Et trouvons un bivouac près d’un cimetière. On sent que nous sommes entre deux villes importantes, il y a plus de circulation.

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Du 07 au 10/10/18 - Sucre - Chuquisaca - 2 842 m

Nous allons directement sur Sucre où Nadine et Jean-Paul sont déjà arrivé au point de bivouac. Nous retrouvons aussi la famille de Sandrine que nous ne connaissons que par la page Facebook Les familles autour du monde. Nous partons pour grignoter en ville, mais un orage qui nous tombe dessus…

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Nous allons parcourir le beau centre ville, le marché, les musées durant ces quelques jours.

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"Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie. Elle fut le berceau des luttes révolutionnaires qui ont mené à la libération du souscontinent américain. La date symbolique de sa cette célébration est le 25 mai, en référence au 25 mai 1809, jour du premier cri libérateur d’Amérique qui aboutira à l’indépendance de la Bolivie et à la création de la République bolivienne en 1825."

Jolie exposition de tableaux dans une belle bâtisse.

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Nous voulons visiter la Casa de la Libertad et on nous apprend qu’une visite commentée en français a lieu en fin d’après-midi. Nous filons pour voir un autre musée, mais sommes arrêter en cours de route. Nous sommes invités par le consul honoraire d’Espagne à visiter son hôtel. Musée personnel au sous sol, vieille bâtisse coloniale superbe. Nous sommes ravis.

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Au musée de de la Casa de la Libertad, nous apprenons beaucoup sur l’histoire du pays :

"Sucre est la plus ancienne des villes coloniales, fondée en 1538 par Pedro de Anzures, elle était destinée à devenir la résidence et le centre de la bourgeoisie espagnole. Elle a quatre noms, Charcas (dénomination originelle jusqu'à 1538), La Plata (période de la vice-royauté du Pérou, entre 1538 et 1776), Chuquisaca (période de la vice-royauté du Río de la Plata entre 1776 et 1825) puis Sucre à partir de 1825 (période républicaine).

"Villa de la Plata" pour sa proximité avec Potosi et les mines d’argent, et devint une cité importante en devenant le siège de la Real Audiencia de Charcas (Juridiction d’appel de la cour espagnole concernant un district comprenant :

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A partir de 1785, le district fut réduit à la province de Charcas appelée plus tard Alto Perú qui se constitue actuellement le noyau de la Bolivie. Il faisait partie de la Vice-Royauté du Pérou jusqu’en 1776, date à laquelle il passa à la nouvelle Vice-Royauté du Rio de la Plata. Ce qui explique l’histoire commune avec l’Argentine durant la révolution et l’ancien drapeau crée par le Manuel Belgrano en 1812 que l’on a découvert dans une chapelle bolivienne en 1883 et rendu à la Bolivie en 1896.
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Puis, nous passons à la révolution qui débuta par une rébellion des indigènes dès 1617 menée par José Alonzo de Ibañez qui naît à la fin du XVIe siècle, à Potosí.
Suivi de Túpac Katari, un personnage clé de la lutte contre les colons espagnols. Il inspire encore aujourd’hui de nombreux mouvements indiens.
Ensuite, Pedro Domingo Murillo est l’un des personnages les plus importants de l’histoire de l’indépendance bolivienne.
Vient ensuite, Juana Ayuduy de Padilla fut avec son mari une combattante célèbre des guerres d’indépendance.Malheureusement, Juana Azurduy est blessée lors de la bataille de la Lagune en 1816, et son époux meurt en tentant de la sauver. A la mort de ce dernier, elle assume le commandement de la guérilla. Manquant d’appui et abandonnée par les forces principales, elle va sombrer peu à peu dans la misère. Lorsqu’il la visite en 1825, Simon Bolívar la nomme colonel et lui accorde une pension, ce qui ne change que peu son sort. Elle meurt dans l’indigence en 1862. Ce n’est que récemment que l’on rendit les hommages à cette femme courageuse dont les enfants moururent aussi dans cette révolution et qui mourut dans l’indifférence générale, seule et pauvre.

C’est le 25 mai 1809 que l’indépendance fut proclamée. De 1809 à 1825, l’Amérique du Sud dans son ensemble se libère du joug de l’Espagne. La constitution de la Bolivie le 6 août 1825 après la victoire du Général Sucre à la bataille d’Ayacucho le 09 décembre 1824. Comme par hasard, seuls trois d’entre tout les signataires eurent une part active dans la guerre d’indépendance. Les métis, mais surtout les indigènes furent les grands absents. Les colonialistes changèrent de "veste" au bon moment…
Bien qu’indépendante, la Bolivie ne trouva pas de stabilité politique mais agrandit son territoire entre 1837 et 1839.
La Bolivie affaiblie par une succession de présidents, coups d’état, dictateurs, guerres… perdit une grande partie de son territoire.

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La stabilité relative économique et politique, malgré les menaces des Etats-Unis, ne survint qu'après l’élection d’Evo Morales, premier président aymara, en 2006. Depuis, après avoir eu plusieurs mandats dont le dernier est scabreux, il apparait qu’il souhaite garder le pouvoir malgré le résultat d’un référendum négatif. Des conflits sont à prévoir, car s’il est soutenu par la population des Hauts Plateaux, il rencontre une forte opposition des autres régions."

La Casa de la Libertad est le monument historique le plus important du pays, il est hébergé dans un ancien édifice religieux et universitaire jésuite.

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Outre, la constitution (copie), on y trouve l’ameublement des colons espagnols.

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Ce seront aussi des jours de découverte des marchés colorés, des jus de fruits et des restaurants en bonne compagnie.

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En partant pour notre ultime visite, nous assistons à une manifestation demandant au Président Evo Morales de respecter le processus démocratique et le résultat du référendum. En bref, qu’il renonce à modifier une fois encore la constitution et garder le pouvoir.
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Nous visiterons le très beau musée Charcas colonial, qui comprend 3 étages avec des expositions distinctes. Il est installé dans une belle bâtisse du XVII ° siècle.
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Nous garderons un très bon souvenir de cette ville en compagnie de nos amis.

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Pour ne pas dormir encore une nuit dans la rue, nous partons en fin d’après-midi pour le village de Yotala à 22 km de Sucre. Le temps est pas super, mais pour un bivouac… Nous allons faire un tour dans le village, pendant que Francis astique Ch’Uru.

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Le 11/10/18 - Vers Tupiza - Potosi - 2 541 m

Nous ne souhaitons pas effectuer les 400 km en une seule fois. Nous déterminons un arrêt à mi chemin. Les escargots filent comme le vent, pendant que nous découvrons une petite route qui nous évite Potosi. On se retrouve en début d’après-midi. Beaucoup de vent, nous serons seuls à rester pour bivouaquer.
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Le 12/10/18 - Tupiza - Potosi - 2 850 m

Après une bonne nuit non ventée, nous continuons notre route en direction de Tupiza. Nos amis étant passés à l’agence pour valider la date de notre tour, m’annonce un tracé différent de ce qui était prévu. Tout se réglera à notre arrivée. Nous laisserons nos véhicules dans un parking gardé où nous avons aussi l’autorisation d’y dormir. Un petit tour en ville, et hop nous préparons nos affaires pour 5 jours de découverte.

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Du 13 au 12/10/18 - Sud Lipez

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Les 18 & 19/10/18 - Tupiza - Potosi - 3 358 m


Nous restons deux jours sur place. Francis souhaite faire des travaux sur Ch’uru, qu’il ne fera qu’à moitié car le second atelier ne lui inspire pas confiance. Pendant ce temps je télécharge les mises à jour des applis. Nous allons au marché, grignoter et flâner un peu. Nous commençons aussi à trier les photos et les films des derniers jours. Nous allons quitter les escargots pour retourner à Salta où nous attendrons nos cartes bleues…
Mais ceci est une autre histoire…
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