Soif de bougeotte
 

"Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon, vous n'en sortirez pas vivant"
Bernard le Bovier de Fontenelle

 

Moutiers-Sainte-Marie - Alpes de Haute Provence - France - 04

Légende de l’étoile : D’après la légende de Frédéric Mistral, l’étoile est un ex-voto dédié à la Vierge Marie, installé selon le vœu du chevalier Blacas, un croisé emprisonné par les Sarrasins en 1210, qui avait promis, s’il revenait dans son village, d’y suspendre une étoile et sa chaîne en hommage à Marie.
 
Histoire :
Les traces de présence humaine dans les environs de Moustiers remontent à l’époque de Cro Magnon, il y a 30.000 ans. A l’Age du Bronze, le peuplement s’intensifie : les tribus ligures occupent les plateaux environnants et s’implantent en construisant des places fortifiées (oppidas). Mais c’est au Ve siècle que débute véritablement l’occupation de l’actuel village : les moines de Lérins s’installent dans les grottes de tuf et fondent un monastère durant le VIème siècle. Cette présence ecclésiastique est à l’origine du nom de Moustiers Sainte-Marie (Monasterio au Moyen-Age).
Les invasions maures des Xème et XIème siècles renvoient les habitants des alentours dans les grottes, pour se protéger. Mais c’est au cours des XIIè et XIIIè que s’édifient des fortifications et des maisons pendant que des moulins s’installent sur le torrent de l’Adou. Au cours du XIVème siècle, s’ajoutant à la peste de 1348, le village connaît une véritable hémorragie démographique liée aux querelles de succession du Comté de Provence.
C’est avec le développement, au XVIè siècle, des industries mues par l’énergie hydraulique (tanneries, papeteries, etc.) que le village retrouve son essor. Mais à l’aube du XVIIème siècle, d’importantes intempéries mettent à mal les infrastructures et le village est de nouveau privé d’une grande partie de sa population.
 
L’église paroissiale
Classée monument historique en 1913, l’église arbore fièrement son clocher lombard, l’un des plus beaux de Provence. Cette tour carrée en tuf s’élève sur vingt-deux mètres de hauteur répartis en quatre étages aux ouvertures jumelées. Datée du XIIe siècle, il faisait partie des trois clochers mouvants recensés en Europe. La nef romane de la même époque est divisée en cinq travées à voûtes en berceau brisé. Les pilastres s’évasent vers le haut, phénomène assez courant dans les églises romanes. Les murs en contrefort extérieurs compensent ce mouvement. Trois chapelles voûtées en plein-cintre, plus tardives, s’ouvrent sur cette nef.
Pierre de Pratis, prieur commendataire, ordonna en 1536 l’agrandissement de l’église ; l’axe de la nef ne fut pas respecté et on ne sait si le prieur voulut incliner le chœur dans la direction de Jérusalem ou rappeler la position de la tête du Christ sur la croix. L’autel actuel est un sarcophage du quatrième siècle en marbre blanc représentant le passage de la Mer rouge.
 
La chapelle Notre-Dame de Beauvoir
Après avoir gravi les 262 marches (autrefois 365) d’un escalier de pierre à flanc de colline, on arrive à la chapelle dominant le village. Les sept oratoires qui jalonnaient le chemin ont fait place en 1860 aux quatorze stations du Chemin de Croix, ornées bien plus tard de carreaux de faïence réalisés par Simone Garnier.
La petite chapelle fut bâtie à la fin du XIIe siècle sur les vestiges d’un temple marial édifié au V° siècle. Mariage réussi des époques romane et gothique, elle comprenait deux travées voûtées en berceau brisé, correspondant à une partie de la nef actuelle, les deux autres travées et le chœur gothiques furent ajoutés en 1536, date gravée sur l’arc triomphal.
Comme quelques autres chapelles de l’arc alpin, le sanctuaire de Notre Dame de Beauvoir est connu pour ses "suscitations". Au XVIIe siècle, des enfants mort-nés y reprenaient vie, le temps de leur baptême, gagnant ainsi le ciel. La chapelle de Notre-Dame de Beauvoir a été classée Monument Historique en 1921.
 
La chapelle Sainte-Anne
Cette petite chapelle a été construite au XVIè siècle avec les pierres des tours et des remparts qui protégeaient le quartier des Paillerols. On y a adjoint plus tard le cimetière du village.
 
L’aqueduc
Enjambant l’Adou pour distribuer l’eau de la source aux moulins situés en aval, ce vestige n’a plus maintenant qu’une fonction de témoignage des systèmes d’irrigation.
 
Les remparts
Les falaises sur lesquelles le village est construit et celles le dominant formaient des lignes de défense naturelle, mais Moustiers se protégea également derrière des remparts comme pour beaucoup de villages, construits au Moyen-âge.
 
Les fontaines
Comme tout village typiquement provençal, les ruelles moustiéraines sont parées de fontaines d’eau potable où les hommes et animaux assoiffés venaient boire. Les placettes sont dotées de lavoirs magnifiques qui accueillaient autrefois les lavandières.



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