Rapa Nui - Du 01 au 09/06/2014

Le 04 juin 2014 – Bord de mer jusqu’au Ahu Tongariki

Nous allons louer notre voiture et partons plein d’espoir quand au temps. Ce sera pas pire qu’hier. Nous cherchons les moias. Mais qu’est ce qu’un moai ?
 
Le mystère des Moaïs
Les Moais est le nom des fameuses statues de l’île de Pâques. Il y en a environ 300 sur l’île mais un grand nombre d’entre elles ont été mises à terre lors des multiples guerres tribales. La matière première de ces gigantesques statues qui recouvrent l’île est le basalte qui provient du volcan Rano Raraku (dont le cratère est aujourd’hui envahit par les joncs). Leurs yeux étaient fait d’os (de requins ou autres vertébrés) et les pupilles étaient faites par une incrustation de corail ou d’obsidienne. Ils étaient taillés à l’aide de hache " Toki ".
Ils mesurent généralement entre 4 et 8 mètres, certaines allant jusqu’à une dizaine de mètres. Ils portaient tous lors de leur édification une coiffe au sommet de leur tête, un Pu Kao ( un chignon ) pesant dans les 1,5 tonnes. Cette coiffe n’était pas taillée dans le même basalte, c’est une pierre rouge provenant de la face ouest de l’île, ils étaient taillés sur place puis transportés. 
On ne connaît pas le rôle des Moais. Peut-être des statues idoles vénérant un ou plusieurs dieux ou protectrices de l’île ou encore un rituel pour les morts... Ils sont tous tournés vers l’intérieur de l’île le dos face à la mer et leur regard se dirige toujours vers le ciel, on les surnomme régulièrement par " ceux qui regardent les étoiles ".
Il y a une exception cependant, le " Ahu Akivi ", un alignement de 7 Moaïs qui regardent en direction de la mer. Ils n’ont pas de caractéristiques physiques des Polynésiens. Ils ont des nez aquilins, des lèvres fines, des fronts hauts et de la barbe.
Des scientifiques pensent que l’île a subit deux vagues de migrations, l’une venant de Polynésie et l’autre d’Amérique du Sud, probablement du Pérou. Le transport depuis le volcan jusqu’à leur destination finale (jusqu’à 20 kilomètres), demeure un mystère encore aujourd’hui. Les Moaïs devaient être emmenés sur des " Ahu ", en pierre qui leur servaient de support. Les Ahu étaient très certainement d’anciens autels transformés, le plus vieil Ahu est daté de 857 après J.C. Ces édifices religieux rappellent les Maraes de Polynésie. 
Ils sont construits de blocs de pierres ordonnés et ajustés sans mortier. Le plus long de l’île de Pâques celui de Tongariki mesure qui mesure 145 mètres de long pour 4 mètres de haut. Il pose la question d’une influence Sud-américaine car l’ingéniosité de la mise en place des blocs est plus développée que celle des techniques habituelles des autres îles du Pacifique.

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Nous passons d’un rayon de soleil, à une averse, d’un ciel bleu et blanc à une couche de brume. Un arrêt à l’Ahu Tentaga. Puis, à l’Ahu Akahanga, qui nous réservera une bonne averse.

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Francis trépigne… Il veut voir des moais debouts ! Nous allons donc directement à l’Ahu Tongariki. C’est le plus important de l’île avec ses 15 moais. Il a été restauré entre 1992 et 1995 par une équipe de japonais. Sa destruction est due à un tsunami en 1960, qui dispersa les statues et les « Pukaos » (chapeau ou coiffe) à plus de 100 m à l’intérieur des terres.

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Nous ferons un deuxième voyage sur ce site plus tard dans l’après-midi, le temps s’étant mis au bleu… Tant mieux ! Nous cherchons les pétroglyphes à l’entée du site. On devine une tortue, des faciès humains, un thon, un homme-oiseau et de l’écriture Rongo-Rongo.

L’écriture RONGO-RONGO

En 1870, le missionnaire Hyppolite Roussel découvre l’écriture Rongo-Rongo chez des indigènes de l’île de Pâques, des tablettes de bois recouvertes de signes gravés que les Pascuans appellent " Ko Hau Rongo Rongo " (Bois Parlants ou encore Bâton de Chant). Les missionnaires présents sur l’île donnent l’ordre de toutes les brûler. Il ne reste plus aujourd’hui que 21 tablettes dans le monde dispersées dans des musées et dans quelques collections privées. La plus belle collection est celle du musée de Braine-le-Comte en Belgique. Leur âge reste indéterminé.
Les spécialistes de ces tablettes ont estimé qu’il existait environ 500 caractères différents : on reconnaît nettement des représentations d’hommes, des objets quotidiens, mais aussi des poissons, des lézards, des oiseaux. L’interprétation de ces tablettes prête à discussion. On s’accorde évidemment à dire qu’il s’agit d’une écriture idéographique (pas d’alphabet ou de syllabe) ; à un dessin donné, on associe un mot ou une idée (les combinaisons de plusieurs pictogrammes ne sont pas à exclure, c’est à dire des associations pour donner une autre signification à tel ou tel dessin).
L’écriture Rongo-Rongo est probablement dans le même esprit que les hiéroglyphes égyptiens mais on ne la comprend pas. A la fin du XIXeme siècle, un tahitien s’était vanté de pouvoir les lire et le Père Jaussen lui montra les tablettes. A la vue des tablettes, Meteoro se mit à chanter ce qu’il y voyait. C’est à ce jour à priori la seule personne qui a compris ce qu’elles signifiaient. Le Père Jaussen, n’a réussi à comprendre que la façon dont se lisait les "textes", et qu’ils étaient chantés. Ils sont en effet écrits selon un schéma inédit : le texte est divisé en lignes "paires" et en lignes "impaires".
Les lignes paires sont orientées de droite à gauche et les lignes impaires de gauche à droite et apparemment chaque signe est placé la tête en bas. Une énigme de plus...

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Ces tablettes sont uniques dans la culture polynésienne. En plus de ces tablettes, les premières civilisations pascuanes ont laissé des sculptures en bois et pétroglyphes dont la signification précise est perdue, mais dont les répétitions des symboles (oiseau ; pénis ; poisson ; vulve ; humain) sont proches des refrains traditionnels polynésiens (« les oiseaux ont copulés avec les poissons et ont ainsi engendrés les premiers hommes »).
Le savoir est, à l’époque, essentiellement orale. Il est détenu par les prêtres (ou savants) qui seuls savent lire et écrire l’écriture Rongo-rongo. On estime la perte de ce savoir, approximativement entre 1859 et 1863, date à laquelle les esclavagistes péruviens de Callao déportèrent environ 1500 personnes et massacrèrent en 1861 les Ariki (guerriers), les prêtres et le clan Miru. Les quelques survivants de l’esclavage qui revinrent, apportèrent des maladies. On estime que la population était passée de 2500 personnes à 111 en 1877.

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Il est dommage que les pétroglyphes de l’île disparaissent, victimes de l’érosion. Par moment, il est difficile de distinguer le motif. Les statues sont aussi victimes d’un champignon qui ronge la pierre.
Nous suivons le ciel bleu, qui nous ramène en ville, via l’Ahu Akivi, qui est le seul qui soit face à la mer. Bien entendu, le temps d’arriver, une averse…

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Nous profitons du soleil en nous promenant autour de l’Ahu Tahai, seul moai dont on a refait les yeux. En effet, en 1979, les spécialistes ont découvert lors de la restauration de l’Ahu Nau Nau à Anakena, que ceux-ci avaient les orbites incrustés de corail et de pierres.

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Puis un tour en ville, ou je ne résiste pas à l’appel de perles noires de Tahiti….

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