Rapa Nui du 01 au 09/06/2014

Nous effectuons notre retour de Tongariki avec un soleil déclinant qui nous offre de splendides paysages éclairés.

Nous nous couchons tôt, car demain c’est lever de soleil à Tongariki.

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Le 05 juin 2014 – Côté ouest de l’île

Levé : 5h30… Nous sommes à pied d’œuvre à 7h30. C’est un festival de photos…

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Nous voyons les pétroglypes de Papa Vaka.

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Puis c’est au tour de la plage de Anakena, la plus grande des deux plages de sable blanc.

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Nous y découvrons l’ Ahu Nau Nau.

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Ainsi que l’Ahu Ature Huki, formé d’un seul moai, redressé en 1956 par Thor Heyerdahl et une équipe pascuane. Ils mirent presque 3 semaines pour ce travail à l’aide de cordes, de bois et de pierre.

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Francis trépigne encore… il veut aller voir la carrière du volcan Rano Raraku, ce n’est pas encore l’heure du meilleur éclairage, mais bon… On y va.

« Il reste des dizaines de statues non achevées dans la carrière, on en trouve à tous les stades de la construction, notamment le plus grand de tous qui n’a jamais été achevé, mesurant plus de 24 mètres. Il aurait pesé entre 135 et 150 tonnes. Les sculpteurs travaillaient à l’étroit autour des blocs, dans des rigoles de 0.50 à 0.60 mètre de large et 1.50 mètre de profondeur. Ils travaillaient d’abord la tête, le corps puis les flancs. Le polissage et les détails étaient effectués avant que la statue ne soit définitivement détachée. A la fin, la statue ne reposait plus que sur une « quille » que l’on perçait de trous. Ces trous étaient remplis de gravier et le gravier remplaçait petit à petit la quille. Les Pascuans faisaient alors glisser la statue jusqu’au pied du volcan où on la redressait pour polir le dos. Ces statues non finies attestent d’un arrêt soudain de leur fabrication, lié sans aucun doute au massacre par les " Longues Oreilles " (les Péruviens ?) qui se seraient alors complètement désintéressés des statues, allant même jusqu’à les renverser par terre ou commencer à les détruire.
Les premières interrogations portent notamment sur leur transport car ces statues étaient faites de basalte, une roche extraite d’un volcan situé à quelques 25 km de leur emplacement. Les habitants originaires de l’île de Pâques, interrogés par les investigateurs européens, affirment que les statues ont été transportées par le dieu Maké-Maké une fois sculptées par les artisans. Des rituels consistaient à donner vie à ces statues pour leur permettre de marcher par eux-mêmes.
Par ailleurs, d’autres thèses plus pertinentes avancent l’adoption de techniques de l’époque recourant à des rondins de bois pour supporter les déplacements de ces roches massifs. C’est l’une des théories approuvées par la communauté scientifiques au cours des recherches.
Une autre hypothèse parle d’une technique toute aussi ingénieuse, qui utilise deux cordes enroulées sur la statue et tirées de part et d’autres par deux équipes d’une dizaine d’hommes pour permettre le déplacement. Cette technique convenait à la légende, qui parle de statues qui « marchent ».

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Nous y voyons le moai Tukuturi qui représente un homme agenouillé mesurant un peu moins de 4 m de haut avec ses bras reposant sur ses cuisses.

Nous sommes super contents de notre journée. Pas mal de soleil depuis le matin, nous comble.

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Le 06 juin 2014 – Ovahe, Ahu Te Pito Kura, Puna Pau, Ana Te Pahu et Ahu Vinapu…

Malgré une météo optimiste, ce jour sera consacré à la grisaille… Dommage. Nous n’avions pas fait la route intérieure de l’île. Celle-ci est plus arborée.

L’île de Rapa Nui nous offre un dénuement de flore et de faune. Ce ne fut pas toujours le cas : les premiers explorateurs parlent de la présence de bois de toromiro (actuellement en progression grâce à sa réintroduction à partir des graines de l’ultime exemplaire au milieu du XX°s.) et de sous-bois de fougère. Il a été retrouvé de nombreuses traces de racines et noix d’un palmier. Les dernières recherches archéologiques parlent de pollen de différentes espèces d’arbres qui ont totalement ou partiellement disparus à partir des années 1500 – 1600.
La faune endémique à disparue elle aussi. Sur les 25 à 30 espèces d’oiseaux, seuls quelques exemplaires de 5 espèces reviennent sur l’île pour nidifier. Les espèces terrestres furent probablement les premières à disparaître. La faune maritime est variable avec 130 espèces représentées dont 25% sont endémiques.
Les hypothèses de l’effondrement écologique et culturel sont nombreuses et très certainement liées :
Dégradation environnementale lié à la déforestation (érosion des sols, sous-alimentation, famine, pénurie de bois et de cordes, guerres civiles) qui précipite la fin de l’ère des moais.
Une longue période se sécheresse, pendant laquelle, après une frénésie de construction de moais afin de contrer le mauvais sort, ceux-ci sont abattus et les prêtres révoqués.
Prolifération des rats de Polynésie (sans prédateurs) introduits par les premiers habitants qui dévorent les noix de coco avant germination (ressource indispensable) et les œufs et oisillons qui contribue à la disparition de ces ressources.
Ensuite, la tradition ayant changé (vers le XVI°s.), le culte de Maké-Maké (l’homme-oiseaux) permettrait à un homme désigné de gérer les ressources de l’île entre les clans. Ceux-ci étaient au nombre de 10 (iwi, clans familiaux) et se partageaient celle-ci. Haka’hanga ; Anakena ; Heiki’i ; Mahetua ; Taha’i ; Tepe’u ; Terevaka ; Tongariki ; Va’i Mata et Vinapu. Leurs territoires (Vai’hu) se rencontraient au centre de l’île, en un lieu (sacré et réservé aux palabres) Te pito o Te fenua « le nombril du monde ».


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